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comoresmonamour
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...Et si tous commençaient par la fin.
Catégorie :
Blog Société
Date de création :
29.10.2011
Dernière mise à jour :
05.09.2012

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· Pourquoi avons-nous peur de changer ?
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· Système éducatif comorien : l'industrie du désespoir
· LES JEUNES COMORIENS PRISONNIERS DE LEURS REVES

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La profession enseignante en péril

Publié le 05/09/2012 à 19:38 par comoresmonamour Tags : ecole
L'école comorienne est à la croisée des chemins. Ou elle sera, ou elle ne sera plus. Les différents replâtrages et réformes qu'elle a connus depuis que les Comores ont recouvré son indépendance plaide pour l'intérêt que nous lui accordons. Dans cette modeste contribution, je tente à travers un constat, de faire la lumière sur les réalités des conflits qui menacent la pérennité de l'école, je prends comme indice la motivation pour la profession enseignante. Le point de départ était de savoir dans quelle mesure l'absence de motivation pour la profession enseignante, chez l'enseignant comorien, pourrait rendre compte de l'échec de l'école comorienne. La formulation d'une telle question n'était ni fortuite ni encore moins vraisemblable. Elle se voulait la traduction fidèle et légitime de la crise que traversent actuellement les Comores sur tous les plans: économique, sociologique etc. L'enseignant tel que nous le connaissons aujourd'hui est le résultat de ces crises sociales qui, en s'opérant, ont modifié du coup ses aspirations, ses attentes et les objectifs qu'il assigne à sa profession. Il est indéniable que le fait pédagogique reste avant tout un fait social. Du moins, le changement social a toujours déterminé le changement pédagogique. En tant qu'acteur social, l'enseignant est une personne aux caractéristiques définies par le groupe social et les tâches qu'il accomplit sont celles que lui dictent ceux qui l'emploient. Eux-mêmes sont les garants d'un choix et ont pour rôle, entre autres, de préserver cette fonction. Les rôles qu'accomplit un enseignant doivent être conformes à ceux qu'attend de lui son groupe d'appartenance. Appliqués à l'enseignement, les concepts de statut et de rôle semblent suggérer au lecteur une image très caricaturale de l'enseignant, ressemblant à une mécanique qu'il faut tout simplement savoir "remonter" pour qu'elle puisse "sonner" à temps. Autrement dit, un enseignant fait ce qu'on lui demande de faire. Sa conformité à son statut règle à elle seule, tous les problèmes de fonctionnement de l'école. C'est peut être là une idée que nous nous faisons de l'enseignant en utilisant ces concepts de base mais elle offre une image très grossière de la fonction enseignante et de l'enseignant. Les critiques qui lui sont adressées s'entassent depuis quelques années. On s'en prend volontiers au maître, en oubliant parfois facilement qu'il n'est ni un surhomme ni un citoyen à part et qu'il doit au contraire se résigner aujourd'hui à vivre dans l'indifférence, l'anonymat et l'isolement. Depuis l'indépendance, son origine sociale n'a pas changé: il provient la plupart du temps d'un milieu modeste, voire pauvre. Son salaire malingre et rongé par une hausse des prix effrénée le pousse à vivre dans une situation économique précaire qui n'augure rien de bon pour l'avenir. Mon mari est un enseignant me disait toujours « après le mendiant c’est l’enseignant ». Ce phénomène qui gangrène la profession enseignante a fait des émules parmi les élèves qui voient en cette institution scolaire une simple formalité tant elle ne garantit plus l'avenir. En effet, décrocher son bac, aller à l'université ne constitue plus un rêve pour l'écolier comorien. Les échos qu'il reçoit de l'université, le taux de chômage des cadres diplômés... sont pour lui autant de preuves de l'inutilité de l'école. Subissant de plein fouet les contrecoups de la crise que traversent les Comores, l’enseignant comorien peut-il faire preuve de motivation à l'égard de sa profession ? Sachant que le métier d'enseignant n'est plus le creuset où se concrétisent ses aspirations socio-économiques et professionnelles, peut-il encore éprouver le moindre sentiment pour ce qu'il fait ? RAHIA IBRAHIM ABBAS Mitsamiouli

Contre l’oubli

Publié le 23/05/2012 à 17:56 par comoresmonamour Tags : polique vie enfants mort fleurs anniversaire

        Trente sept ans après, comment dire le 06 juillet 1975 sans tomber dans des clichés tellement usés, et éviter cette sinistre langue de bois qui a ruiné l’enthousiasme et la confiance de notre peuple en ses institutions ?

        En ce moment évoquer l’indépendance, c’est du même coup évoquer le feu Ali Soilih , qui fut par excellence l’homme de l’indépendance. Il n’était pas seul on le sait. Ceux qui, en mai 1978 ont planifié et organisé l’assassinat d’Ali Soilih , militant courageux et intègre de notre mouvement patriotique, éminent guide de notre révolution nationale et sociale, savaient bien ce qu’ils faisaient. Ils ne voulaient pas de cette marche accélérée vers les nécessaires ruptures.

         Pour sauver leurs biens mal acquis, il leur fallait en Ali Soilih tuer l’esprit de l’indépendance. Ils ne pouvaient supporter la pureté, l’intégrité, le courage et l’intelligence. Il y avait danger pour tous nos rentiers. Trente sept ans après, où en sont les Comores ? Ou plutôt « où vont les Comores » de Ali Soilih ? Entre ceux qui, dans des appareils dévergondés cultivent l’autosatisfaction pour masquer les dégâts causée par leur corruption ou leur incompétence et ceux qui, ailleurs cultivent le catastrophisme pour exprimer leur ambition politicienne, la vérité n’est même pas entre les deux. Elle est ailleurs. Et cet ailleurs sont des Comores très grippés. Ni bien portante, ni agonisante. Ni debout, ni à plat ventre. Bien malade, les Comores ont un genou à terre. Elles s’efforcent de se relever et se relèveront avec l’aide de tous ses enfants.

        Pour en revenir au feu Ali Soilih et lui rendre hommage en ce mois de mai, 34ième anniversaire de sa mort, le temps est peut être venu de réparer certains oublis. Et combien de nos valeureux patriotes sont-ils comme Ali Soilih mort de la main assassine des mercenaires ?  Les Comores nouvelles qui se construisent très difficilement, on le sait doit absolument lutter contre les oublis.  

       Comme Ali Soilih voyons loin, plus loin que nos mesquines querelles, plus loin que nos petites vies. Et ce loin peut être que ma génération postindépendance ne connaitra même pas, c’est une patrie propre et en fleurs, où aucun comorien ne tendra la main pour mendier une poignée de riz, où aucun malade mental, ne couchera sur un carton dans nos rues, où il n’y aura plus de chaîne interminable pour les visas de la honte.

        Mais ce « loin », ce « très loin » se prépare aujourd’hui et chaque jour. Tel est bien l’esprit d’Ali Soilih, l’esprit de l’indépendance qui doit brûler en chacun de nous. Pour que la flamme devient lumière. Pour que la lumière éclaire nos pas et notre vie. Dans ces merveilleuses îles qui s’appellent : les Comores !

Adieu Ali Soilih. Tu es une légende, et nous saurons t’écouter aux portes de l’histoire.  

 

RAHIA IBRAHIM ABBAS

                                                                       MITSAMIOULI

LES JEUNES COMORIENS PRISONNIERS DE LEURS REVES

Publié le 19/02/2012 à 16:57 par comoresmonamour
La jeunesse comorienne étant gagnée par un profond sentiment de mépris, de mise à l’écart, et de ressentiments atroces aspire à vivre décemment. Les jeunes aux prises avec un quotidien terne et morbide sont pleins d’amertume, de colères, et de révoltes. Ils vivent avec le vain espoir du suicide dans le cœur car ils se sentent être une douloureuse inutilité sociale. En plus, ils n’arrivent plus à supporter leur désespoir et à surmonter leurs angoisses et leurs aliénations face à la machine socio administrative : bureaucratique, laxiste et tentaculaire. 1- LES KWASSA KWASSA UN SIGNE FORT DE MAL -VIE Il semble que la jeunesse comorienne dans son ensemble souffre de la déraison collective de la société. En fait, elle vit une complexité impensable qui a fait le lit de ses déceptions. Les rafistolages administratifs, les bricolages économiques, et les colmatages politiques ainsi que les solutions parcellaires prises à la va-vite n’auraient pu venir à bout de ses incertitudes, de ses inquiétudes et de son doute permanent en l’avenir. C’est pourquoi, les jeunes chômeurs désargentés, déconsidérés, et décrédibilisés ont recours à l’exil même au prix de leur vie Nous peinons à comprendre comment certains jeunes en arrivent – ils à se jeter dans des embarcations de fortune surchargées, pour affronter les dangers de la haute mer avec le risque d’une mort quasi certaine. Ils ont même développé une certaine culture justificative de ce macabre espoir: « je préfère être englouti par la mer plutôt que d’être enterré vivant». Il ne peut certainement pas s’agir d’une espèce de retour instinctif à la mer qui s’accommoderait de la théorie qui dit que l’homme, en fait, provient de la vie aquatique. Notre religion et notre culture millénaire insistent, au contraire, sur ce principe universel dans les religions humaines : « De la terre nous sommes issus et à la terre nous reviendrons ». En fait, ces jeunes sont attirés par la terre, mais une autre terre que la leur, d’où leur proviennent mirages, images et témoignages d’un épanouissement possible. C’est un défi à la vie pour se défaire de l’entrelacs quotidien des peines et des espérances. Ce sont des jeunes affamés de vie et assoiffés de liberté qui refusent les indécisions et les incompétences et qui craignent l’engloutissement sous le poids des normes, du refoulement et des tabous. Ce sont également des jeunes qui, livrés à eux-mêmes, repoussent le triomphalisme du passé et rejettent la forfaiture du présent, des jeunes qui n’ont ni d’antériorité ni de postérité mais qui sont contemporains avec eux-mêmes ces noyades répétitives en océan proviennent en premier lieu d’une douleur intérieure très aiguë et d’un désabusement cruel face aux réalités sociales teintes d’amertume. En plus, les jeunes dont les horizons sont bouchés se découvrent prisonniers de leurs rêves de démunis et de leur illusion d’impuissants. Néanmoins, ils sont en rupture de ban avec les réflexes de rétractation, de repli et d’enfermement des élites gouvernantes. Autrement dit, il y a une forte tendance des choses à se corrompre en haut lieu que dans les profondeurs de la société, une certaine volonté malsaine au pourrissement de la situation. Le manque de considération avéré de la tranche juvénile n’engendre que révolte et désagréments. Cela dit, les limbes de détresse s’accroissent davantage au fur et à mesure que la situation sociale se dégrade et que de grosses fortunes fassent leur apparition du jour au lendemain. L’économie de la rente et du Bazar a enraciné dans les esprits le culte de l’argent facile. Pire, elle a poussé à leur paroxysme, les dérives vers l’auto-négation, l’autodestruction, l’absence de sens, le désenchantement et la perte de repères de la jeunesse. 2- L’ABSENCE DE RÉGULATION SOCIO-ÉCONOMIQUE : LA CAUSE DU DÉSASTRE Les problèmes structurels de la corruption, la fuite de cerveaux, l’hémorragie des compétences nationales, et le large sentiment d’appauvrissement de la population nourrissent les problèmes conjoncturel et durable de la délinquance, de poches de misères, du banditisme urbain, des candidats aux kwassa kwassa. C’est pourquoi, l’on assiste impuissants au pervertissement des bases sociales du pays, d’autant plus qu’il n’y a pas une stratégie nationale et globale de création d’emplois. Aucune initiative n’est entreprise par le gouvernement pour absorber le spectre du chômage. De plus, tous les services que possède les Comores, la plupart sont budgétivores et dépendent principalement des aides de l’extérieur, et leurs seules ressources n’arrivent même pas à payer leur effectif salarial. D’autre part, la masse estudiantine est un autre enjeu majeur de notre pays, se chiffre en milliers actuellement et les chances d’embauche se rétrécissent chaque année davantage. L’université est malade car elle n’arrive pas à entrer en corrélation avec le tissu économique déjà quasi inexistant. Sur le plan social, l’on note que le cadre associatif est quasiment défaillant. Malgré ses quelques associations, l’architecture de la société civile est démembrée et trop faible car ses relais sociaux ne font plus un travail de proximité efficace auprès de la jeunesse. Celle-ci reste malheureusement sans-voix, prise en tenailles entre la désaffection de son élite et l’incompréhension de la société. Les services concernés censés remédier au désarroi des jeunes touchés par la précarité, le sous-emploi, et le désœuvrement adoptent un profil bas ou tournent autour de l’orbite de la politique partisane. Pire, la plupart d’entre eux sont bloqués par une paralysie structurelle (manque d’enceinte, inexistence ou rareté du matériel, absence de ressources financières, incompétence et inexpérience dans la gestion ...). En plus, ces dernières années, le politique aux Comores est fortement décrié et la participation à la vie sociale décisionnaire reste l’apanage de l’ancienne génération. Tout au plus pourrait-on relever la rareté des forums d’alternatives citoyennes (cafés littéraires, cercle de débats, espace de rencontre et d’échange politiques..). Tous ces facteurs sont à l’origine de la bataille pathétique que livre le jeune in solo contre la bureaucratie afin de survivre et apaiser son inguérissable traumatisme faute de lieux de loisirs (cinémas, théâtres, centres culturel). En ce sens, la jeunesse reste cloîtrée dans son tour d’ivoire, et l’épée de Damoclès pendu sur sa tête. Stigmatisé, vu comme la figure de l’échec et un fardeau insupportable, le jeune chômeur ou diplômé chômeur vit en périphérie de la société sans avoir toutefois l’espoir d’exister dans la dignité par le travail revalorisant, de militer et vivre décemment sur le sol de son propre pays. Ainsi la débrouille et les passe-droits prennent le dessus sur le sérieux et la compétence. 3- LA DÉFAITE DU POLITIQUE ET LA FAILLITE DES CONTRE-POUVOIRS CITOYENS La corruption est l’ennemi numéro un des Comores et de la jeunesse, elle est manifestement l’un des fléaux les plus dévastateurs de l’économie de notre pays. Les Comores sont, de toute évidence, l’un des rares pays au monde où la corruption a fait de grands dégâts dans le tissu économique d’autant plus que les structures de contrôle étatiques sont quasiment inexistantes. En fait, l’absence de contre-pouvoirs populaires n’a fait qu’empirer davantage la situation tant que le système économique et global du pays est gangréné et le cadre institutionnel est en léthargie constante,la réalité est que le système politique lui-même n’existe que par effraction ; la délinquance contrôle le politique . En effet, l’usure et la faille du pouvoir politique, les petits raccommodages de la constitution, le népotisme, le régionalisme, le piétinement des lois, le poids démographique de la jeunesse et la faiblesse de l’opposition politique a vu l’accentuation et l’aggravation des pesanteurs administratives, de vieux replis bureaucratiques, et de rhumatismes sociaux chroniques. C’est pourquoi l’investissement étranger est au point mort, les initiatives individuelles rares, et la jeunesse se sent démoralisée, piétinée et désespérée. Pire, elle est sous-estimée par les gouvernants « Il n’y a rien de plus dangereux pour l’homme que lorsque naît une situation où il ne rencontre que lui-même » Heidegger, philosophe allemand (1889-1976). Certes, la bonne gouvernance est un élément de base dans la construction de l’État de droit mais dans une société où le taux de la jeunesse dépasse de loin 75%, il est impératif de lui accorder sa part entière dans la gestion des affaires de la Cité en lui ouvrant de nouveaux horizons prometteurs. Ces jeunes refusent de vivre comme une mélasse humaine s’en tient vivement à respirer l’air d’une société fédératrice, humaine et vivante. A cet effet, ils ne doivent pas être des coquillages insignifiants pour épater la galerie ou se cloisonner dans une culture de survie maladive, ils n’ont pas besoin de charité ni de discours démagogues, mais ils ont tout simplement besoin de baigner dans une atmosphère de dignité et de respect. En un mot, ils préfèrent un projet de société qui va garantir leur avenir que de sombrer dans l’auto-négation et le pessimisme ambiant. Leur appel de secours attend un feedback salvateur. RAHIA IBRAHIM ABBAS MITSAMIOULI

L’hydre de l’anarchie

Publié le 09/02/2012 à 18:10 par comoresmonamour
Actuellement à l’hôpital El Maarouf, les médecins mènent un combat qui est à la mesure de leurs faiblesses. Il est temps, il est même très urgent, qu’ils deviennent forts. En conjuguant leurs efforts dans des actions unis, dans des luttes communes pour abattre la bête immonde et sauver l’hôpital et les patients. Le malheur pour les médecins et donc pour l’hôpital serait de continuer à se chamailler quant au sexe des anges alors que les maladies continuent à assiéger les Comores et ses honnêtes citoyens. Si nous ne prenons pas garde, si les médecins n’agissent pas à temps en bonne conscience comme le dicte la fonction. La morgue risque de devenir étroite pour accueillir tous les patients victimes de négligence médicale. Il nous faut tirer le signal d’alarme pour éviter au train El Maarouf de dérailler. Les malheurs d’El Maarouf ont ceci de bon qu’ils font tomber beaucoup de masques. Les médecins de pacotille n’arrivent plus à se cacher sous leurs grossiers vernis. De plus en plus les Comoriens savent ceux qui ont prêté le serment d’Hippocrate et ceux qui ont prêté le serment d’Hypocrite. Les difficultés que nous affrontons nous citoyens à l’hôpital de référence ne cessent de nous assaillir, nombreux et ardus, que nous ne pouvons pas surmonter. Or qu’arrive t-il ? Dans des conditions aussi pénibles parfois tragiques, nous assistons à des dérives, à des diversions, à des initiatives discutables qui compliquent nos vies. Je parle évidemment de la vie politique et polémique qui est engagé entre médecins de l’hôpital, alors qu’il n’y-a pas longtemps ils animent ensemble le conseil scientifique parfois les mêmes services pour la sauvegarde de l’hôpital qui a joué un rôle prépondérant dans la luttes contre les épidémies, en vérité la liste serait bien trop longue de tous les faits qui nous désolent et nous attristent, car ils font se battre entre eux des forces de progrès qui théoriquement devraient agir ensemble pour détruire l’hydre de l’anarchie et remettre au plus vite le train hôpital sur ses rails. Les grands médecins que furent certains d’entre eux rendraient un nouveau service à l’hôpital en prenant leur confortable retraites. Bonne santé Docteur et bon voyage ! RAHIA IBRAHIM ABBAS MITSAMIOULI

Pourquoi avons-nous peur de changer ?

Publié le 08/12/2011 à 17:39 par comoresmonamour

Selon tous les débats, au niveau de toutes les classes sociales, il s’avère clair que nous sommes tous convaincus qu’un changement au pays est nécessaire et imminent. Nous voyons que nous voulons tous ce changement pour améliorer notre style de vie mais en même temps nous sommes figés. De quoi avons-nous peur? Pourquoi tant de résistance au changement au sein de la population et de tous les pouvoirs successifs ?

Qu’est ce que la résistance au changement ? C’est la peur de perdre ses acquis et en même temps l’appréhension de ce qui va venir, l’inconnu! Si nous appliquons cette définition à nous autres Comoriens, cela pourrait parfaitement coïncider. Beaucoup de gens vont dire, ‘’au moins maintenant nous n’avons plus de mercenaires, pas de coups d’états, il y a plus de sécurité alors calmons nous et acceptons la situation’’

Pour ces résistants, il faudrait prendre le temps d’expliquer que la fin du mercenariat et de coups d’états est une première étape, d’un long parcours. La sécurité est un besoin primaire qui une fois assouvi nous permet de réfléchir à combler des besoins ‘’plus ambitieux’’. Habiter des logements décents, aspiré à un meilleur système d’éducation pour nos enfants, se doter d’hôpitaux capables de répondre aux besoins de la population, de meilleurs salaires et payés à temps, des rues goudronnées plus propres, des relations plus courtoises entre nous, etc.

Je vais me baser sur le management des organisations pour nous aider à mieux comprendre pourquoi nous en tant que peuple, d’un côté, et le gouvernement de l’autre, hésitons et même refusons ensemble de changer. Les raisons ne sont bien sûr pas les mêmes que l’on soit d’un bord ou de l’autre.

Regardons nous en premier c’est-à-dire le peuple: il y a plusieurs facteurs qui font que nous résistons au changement et nous empêchent d’avancer, explorons quelques uns.

La peur d’aller plus mal encore : Souvent vous entendez autour de vous, ‘’avant c’était le bon vieux temps’’. Quand on vit une période difficile, on a souvent tendance à se raccrocher au passé et l’idéaliser. C’est comme si on allait chercher sa propre sécurité dans le passé même si rationnellement, on sait bien que ces comportements passés ne sont plus efficaces ni appropriés. Si le futur est menaçant car inconnu et le présent précaire car vacillant alors le passé devient un bel échappatoire. N’avez-vous jamais entendu des jeunes vous dire: Eh oui, kayiri wakati ya Farança!

La peur de perdre l’acquis : Selon notre vécu, et nos penchants personnels, nous allons prioriser nos acquis selon nos propres critères.

-         l’acquis économique. Plusieurs personnes qui faisaient partie de la classe moyenne se retrouvent dans la classe pauvre à cause de l’inflation et des salaires qui n’ont pas suivi. C’est comme quand vous avez un gros gâteau et que vous le voyez diminuer. Votre première réaction est de vous organiser pour protéger ce qui vous reste. Aller chercher plus de gâteau pour compenser les pertes est plus risqué.

-         L’acquis social : Plusieurs familles qui vivaient en milieu rural, se retrouvent à Moroni. Pour ces personnes la formule est gagnante alors pourquoi changer.

-         L’acquis spirituel : Plusieurs personnes entre autres beaucoup de jeunes s’éloignent des principes moraux de la religion, sont de purs produits médiatiques, car ils n’avaient aucun autre modèle. Ils associent le changement éventuel à une perte de repères

-         L’acquis culturel : la dimension culturelle est exclusivement basée sur le grand mariage, qui est conçu pendant des siècles comme une institution figée et statique, le moindre remue s’avère une atteinte au temple moral de la société, illico presto la personne considérée comme un déviant social qui devrait impérativement être neutralisé et isolé en quarantaine. Le grand mariage n’est sujet à aucun changement, une idée communément admise par la quasi-totalité des Comoriens.

-          L’acquis anarchique : Beaucoup d’individus se sont taillé un confort dans ce chaos. Constructions sauvages, corruption, spéculation, absence de discipline servent à beaucoup de gens. Comment vont-ils pouvoir vivre dans un milieu structuré et organisé?

La peur de perdre sa dépendance : En tant qu’individu, on fait tous partie d’un système. Nous le peuple, on dépend de notre gouvernement. C’est difficile de prendre la décision contraignante de réaliser que le système dont nous dépendons est faillant. La vie aurait été plus belle si le système dont on dépend avait pris les bonnes décisions.

La peur de perdre ses habitudes : Si nous devenions demain une société organisée, que deviendraient nos habitudes? Nous ne pourrons plus être en retard au travail, nous devrons bien ficeler nos ordures dans des sacs poubelles et on ne pourra plus les jeter à la plage, nous devrons faire la chaîne comme tous le monde, nous ne pourrons plus faire ce qu’on veut où l’on veut et comme on veut. Nous devrons respecter une discipline. Pensez-y, ce n’est pas évident.

Pour toutes ces raisons, nous résistons au changement. Chacun de nous s’est fait une représentation de la réalité, il n’écoute que les choses compatibles avec sa conception. Chacun de nous va user de sa mémoire sélective. On écoute ce qu’on veut entendre, on comprend ce qu’on veut comprendre et on oublie ce qu’on veut oublier.

En deuxième partie, regardons les causes qui poussent notre gouvernement à résister au changement. Les individus au sein de notre gouvernement ressentent tout changement éventuel comme une menace contre leur pouvoir et une remise en cause de leur influence. Toute modification à la structure de leur système va représenter pour eux une déstabilisation de leur fonctionnement. Ils sont habitués à voir les décisions allant du haut vers le bas. Une démocratie veut dire que les décisions pourraient aller du bas vers le haut.

Au crédit du pouvoir actuel, je dirais que ces individus peuvent avoir peur du changement car ils manquent de ressources humaines compétentes. Il y a des centaines de fonctionnaires de moyen et haut niveau hiérarchique qui ne produisent plus rien. La nation comorienne est prise avec ces parasites, certains sont même fossilisé, à cause de leur ancienneté. Que faire de ces gens là?

Il y a aussi les accords que ce gouvernement aurait faits et qui l’empêcherait d’avancer. Quels accords existent entre nos ministres? Entre l’armée et le président? Entre le président et les directeurs généraux? Nous ne savons jamais quel genre de pacte peut avoir signé nos décideurs avec les pays arabes, la France etc.

Les causes de la résistance au changement expliquent les comportements mais ne les excusent pas. Il existe des moyens très simples de lutter contre cette résistance. Les individus qui croient au changement ont le devoir de sensibiliser et de réaliser des résultats concrets à leur échelle pour convaincre ceux qui résistent.

                                                                      RAHIA IBRAHIM ABBAS

                                                                         MITSAMIOULI

Je n’arrive plus à boucler le mois

Publié le 02/12/2011 à 17:55 par comoresmonamour

             Alimentation, facture d’électricité, écolage, transport, frais médicaux, habillement, célébrations des mariages, fêtes religieuses et familiales ainsi que d’autres petites «fantaisies» sont des dépenses qui donnent du tournis pour celui qui a la responsabilité de gérer le budget de chaque famille comorienne. Une mission qui demande des acrobaties et qui généralement est confiée à la mère, connue aux Comores pour être plus économe et plus prévoyante. Tous les calculs effectués sur mon budget, concordent pour dire que le recours au «système D» est incontournable pour l’écrasante majorité des familles qui élaguent plusieurs dépenses «de luxe» telles que les sorties en famille. Prendre des vacances est une utopie.

             Tous mes calculs concluent que l’alimentation demeure la principale préoccupation des ménagères étant donné qu’elle constitue plus de 50% des dépenses ordinaires. Je fais  le pont quand il s’agit de «produits farfelus», de par leur cherté, les familles financièrement plus aisées n’hésitent pas à les intégrer dans leur menu quotidien quelque soit le prix.

            Finalement, je me retrouve coincé entre des imprévues et des impératifs de dépenses incontournables et sous les effets d’une hausse des prix vertigineuse. L’autre grand registre des dépenses n’est autre que la santé et l’écolage surtout quand le recours aux soins privés et école privée deviennent incontournables.

          Vient ensuite le transport qui consomme 15% de mon budget. L’autre dépense entrée dans les mœurs depuis notamment l’avènement de la téléphonie mobile et l’Internet, ce sont les communications et, mine de rien, en moyenne 30 000 FC sont déboursés mensuellement. Enfin, les dépenses occasionnelles, telles les fêtes religieuses et la rentrée scolaire (fournitures scolaires), constituent, à elles seules, près de 25% des revenus annuels.

           Je constate que la tendance est à une baisse du pouvoir d’achat. Imaginez: «Le SMIG à 22 500 FC suffit à peine à s’acquitter la facture d’électricité qu’on a jamais vue. Les prix ont été multipliés par quatre entre 2000 et 2011. À titre d’exemple, l’huile était vendue à 500 FC en 2000; elle a atteint un prix moyen de 1000 FC en 2011. Le litre du pétrole lampant était cédé à 125 FC en 2000 pour grimper à 350 FC en 2011. Résultat: une famille moyenne a besoin d’un budget de 180.000 FC pour subvenir aux besoins essentiels alors que le SMIG est de 22 500 FC. Cette tendance à la baisse du pouvoir d’achat a été accentuée à partir de 2000 par la flambée des prix des produits de large consommation.

            Aujourd’hui, c’est les mabawas qui font exception à cette hausse des prix et se sont fait des ailes, 1000 FC. Mabawa reste l’arbre qui cache mal la forêt des produits chers. Tous les fruits et légumes sont chers, comment peux-je préparer un repas complet avec des prix aussi élevés? Il faut que je mise 5000 FC au moins pour faire un repas avec du poulet. Dans ma petite famille, le budget est étouffé par la hausse des prix des produits de large consommation. Du coup, c’est la qualité des repas qui encaisse le coup: je supprime les dépenses liées aux desserts et autres sucreries pour supporter la hausse des prix des légumes, du lait et de l’huile de table. Pour contenir cette flambée, je me rabats sur les tubercules.

             Décideurs ! Vous qui êtes si érudit en économie, gestion et finance, qui n’hésitent pas à monter les prix des denrées alimentaires et du carburant. J’aimerai que vous me passiez une de vos formules magiques de gestion pour satisfaire ma famille avec mon budget restreint. Au fond me susurre-t-on à l’oreille, c’est un signe que le plan d’austérité chronique a bien avancé chez nous, mais croyez moi que si je serre d’avantage la ceinture je risque de me couper en deux.  

                                                                                                                                                                                                                                                RahiaIbrahimAbbas                                                                                                               

                                                                                                                                                                                                                                                       Mitsamiouli

La corruption est-elle une fatalité ?

Publié le 21/11/2011 à 17:22 par comoresmonamour Tags : Socièté

     Classée à la 138 ième place sur un total de 180 pays, avec le classement peu enviable, les Comores demeure un très mauvais élève en matière de bonne gouvernance et de transparence, révèle le dernier rapport de l’association Transparency International qui analyse l’indice de corruption des Etats.
       Les Comores peine à s’extirper du lot des pays les plus mal notés au moment ou nos voisins, les Seychelles et Maurice, nous devancent de loin. Si ce classement n’est pas tout à fait surprenant eu égard à la prolifération de la corruption à tous les niveaux de l’Etat et de la société, il n’en est pas moins révélateur d’un fait que nos gouvernants n’oseront jamais s’avouer. A savoir que la corruption a fini par être érigée en pratique courante et indispensable pour le maintien du pouvoir en place. Pour ce faire, il s’est de tout temps entouré d’hommes malléables qui épousent parfaitement la logique ambiante et ne s’est jamais gêné de mettre « hors d’état de nuire » toutes les velléités d’opposition et les adeptes des changements radicaux.

      Lorsque l’instinct de survie l’exigeait, le pouvoir n’a pas hésité, par le passé, à recourir aux moyens extrêmes pour étouffer définitivement les voix importunes qui menaçaient sa pérennité. Se souciant de sauvegarder l’image de marque d’un pays qui a opté depuis le début de la décennie précédente pour «l’ère démocratique», nos dirigeants recourent à des moyens plus sournois pour se maintenir. Ils encouragent, de manière directe ou implicite, les comportements véreux, si bien que la corruption est quasiment devenue un mode d’emploi pour une ascension rapide et certaine à la sphère politique ou dans les milieux d’affaires les plus convoités d’où sont souvent exclues les notions d’honnêteté et de probité.

        Le décalage entre les discours officiels prônant une lutte sans merci contre ce fléau ravageur et la persistance des mœurs et des mentalités qui l’encouragent est tel que l’on ne peut que douter de l’existence d’une réelle volonté politique d’y parvenir. Que le président de la république ou la commission anticorruption claironnent, à qui veut bien le croire, leur bonne foi et leur détermination ne peut suffire pour réinstaurer la confiance avec les gouvernés. Ces derniers ont besoin de voir que la transparence est appliquée à tous les niveaux de décision.

      Si les dirigeants veulent combattre la corruption, il faut qu’ils commencent par donner le modèle en bannissant les passe-droits et le népotisme. Il faut également prémunir nos cadres et compétences en leur accordant le statut qui leur échoit, pour les éloigner de la tentation de la corruption. Comment expliquer, par exemple, que les cadres comoriens des impôts, en  charge du contrôle et de la collecte soient payés à seulement…125 000 francs comoriens ? Il en est ainsi pour d’autres responsables évoluant dans des postes de responsabilité où ils gèrent des centaines de millions de francs comoriens, et qui peuvent favoriser la tentation.

        Lorsque le pouvoir injecte des centaines de millions de francs dans des projets, le gouvernement doit s’assurer qu’il n’ouvre pas la voie à la corruption. Aux Comores, les hommes partent et le système perdure avec les mêmes attitudes corruptibles et idéologies qui le font s’éterniser. D’où cette lancinante question : la corruption est-elle une fatalité ?

                              RAHIA Ibrahim Abbas

                                                                                                                                           Mitsamiouli

Le choix du système éducatif

Publié le 21/11/2011 à 17:18 par comoresmonamour Tags : EDUCATION

             A voir, le résultat depuis 1975 ! C’est catastrophique. Certes, réformer le système éducatif est une nécessité, mais avec quelle vision, dans quelles perspectives et dans quels objectifs ? Certains pays l’ont bien fait, et dans un cadre bien défini. Cela a donné des  résultats probants. Aux Comores, on réforme, on change, mais à la fin, on revient toujours à la case de départ.  Comme dirait l’autre: «On ne va pas réinventer la roue», il y a des pays tels les pays nordiques qui ont un bon système éducatif. Le malheur de tous ces pays colonisés, est que leur système bureaucratique en général, et  le système éducatif  en particulier, sont une photocopie du pays colonisateur. C’est le cas des Comores.

Sur ce plan, les Comores est une photocopie de la France.  Et nous savons que la plupart des responsables et des dirigeants ont été à l’école française.  Le système éducatif français est trop bureaucratique, lourd, protectionniste,  trop conceptuel, inefficace. Les grandes écoles, hormis le Concours d’entrée, sont un mythe.

            La sélection est finie après 2 ans, et avec un peu de travail, on devient diplômé de (Ecole Centrale de Paris, HEC, etc..). En sortant, on ne sait rien faire ! Quant aux Universités, c’est une foire surtout au niveau de la recherche doctorale: aucun accueil, aucune organisation globale, aucun planning.  Les sujets de thèse sont épars, et ésotériques.  Ce qui compte est le nombre de thèses soutenues au Laboratoire. La qualité peu importe.  Certaines thèses d’Etat sont des vulgarisations scientifiques. On les soutient par combine et magouille. Ensuite, pour les postes dans l’enseignement, c’est le parcours du combattant, car la France est championne dans le protectionnisme, et les combines politiques.

           Avant, c’était le DEA, troisième cycle, thèse d’Etat. Tous ces mémoires ne sont pas fiables et convaincants. Il y a des mémoires de DEA mieux qu’une thèse d’Etat.  Toutes ces étapes de diplôme ne servent à rien du tout. Toute cette machine bureaucratique est faite de telle sorte à protéger les Postes et les privilèges dans le secteur académique.  C’est tout !
Ensuite, avec le nouveau régime, c’est également la même chose.  Il faut un DEA, thèse nouveau régime, Première habilitation à diriger les recherches, Deuxième habilitation à diriger des recherches, etc. Une armada de mémoires qui ne servent nullement. Du  bla-bla bureaucratique.  Au fond, avec un bon niveau de DEA (un seul mémoire), un bon candidat peut encadrer des chercheurs, et faire de la bonne recherche académique.  Avec toute cette panoplie de diplômes, la France n’est pas assez compétitive sur le plan international. 

             En dehors de la France, les Grandes Ecoles n’ont aucun prestige, sauf en France évidemment.  En revanche,  dans les autres pays (scandinaves, par exemple), Master, et un Phd (2 a 4ans), les gens deviennent Professeur, chercheurs et ils sont productifs et efficaces, et contribuent énormément.  D’ailleurs, la bureaucratie est efficace pour le contrôle et le protectionnisme, mais elle paralyse l’efficacité, tue la  flexibilité, étouffe l’innovation et la compétence.  C’est le cas de la France, et évidemment des Comores, car les systèmes aux Comores sont des dérivées coloniales du système français.

             Actuellement, les Grandes Ecoles françaises de Management  sont obligées d’aller puiser dans les pays de l’Est,  pour le recrutement pour leur département de recherche, car d’abord, ils ne parlent pas anglais, et ils n’ont pas des experts dans  ce domaine. Mais une fois, la baraque est montée, et des français sont formés, ces experts sont directement congédiés. C’est le principe de l’exploration, observation et exploitation. La France excelle dans cette tactique.  Avant de réformer le système éducatif, normalement, les  responsables et dirigeants comoriens avérés doivent apprendre de leurs fautes et des erreurs des autres, et voir dans le monde, ce qui se passe, le bon système adéquat et fonctionnel pour les Comores.  Malheureusement, certains responsables ne font que singer le système français, qui n’est pas une bonne référence à nos yeux. 
Il n’y a pas de hasard, ni de fatalisme à ce qui fonctionne : Il y a les Hommes et les Femmes  derrière et le bon choix du système.

CHAOU Medjbar

                                                                                                                              Mitsamiouli

La "mal-vie" de la jeunesse comorienne.

Publié le 06/11/2011 à 09:14 par comoresmonamour Tags : roman vie société chez background mort internet element loisirs

         Les Comores est un pays jeune : plus de la moitié de la population a moins de 30 ans, Je pense que ces jeunes ont besoin d’exprimer leur frustration, leur sentiment qu’ils ne sont pas assez respectés et écoutés, et aussi leur inquiétude pour l’avenir à cause du chômage élevé et du manque de perspectives…

        La plupart des diplômés de l’université sont chômeurs, la fac est loin d’être une garantie d’emploi, et cela crée une grande inquiétude chez les étudiants. Une école qui ne répond pas à leurs attentes, le manque d’opportunité de participation à la vie citoyenne et politique, le manque de canaux structurés pour l’information ou d’accès aux loisirs et à des infrastructures où ils pourraient se retrouver entre jeunes… Ces jeunes veulent faire valoir leur énergie, leurs opinions, ils ne veulent pas qu’on leur impose une société, ils veulent la construire eux-mêmes ! Comment expliquez-vous la mobilisation de la jeunesse aux Comores dans les ulangas? Que faisons-nous, pour ces jeunes ?

     Dans le cercle familial les ados sont consultés pour certaines choses comme leur avenir, mais ils se sentent exclus de la prise de décision – même s’ils respectent le fait que ce soit leurs parents qui aient le dernier mot. Dans le cercle plus large de la société, ils ne se sentent pas entendus et pas pris en compte… Même s’ils commencent très largement à se saisir des nouvelles technologies comme Internet, le téléphone portable et les réseaux sociaux : cela leur permet de s’informer, de se construire des arguments pour donner plus de poids à leurs opinions, et de participer davantage, de se faire entendre !

        Comment peut-on accepter qu’au 21ème siècle, la majorité des Comoriens vivent dans une misère absolue. Les exilés sont prêts à risquer leurs vies pour Mayotte ou une Europe difficile sans promesses de richesses et de respect. Les Comores a beaucoup de richesses, le tourisme et sa diversité culturelle devraient nous permettre de reconstituer le pays et ainsi mettre en place une vraie politique de gouvernement. Mais la plus grande richesse des Comores est son peuple dont 70 % est une jeunesse qui a soif de vivre, de partager et de penser au futur dans son pays . Les Comores n’a rien à envier aux iles développées. On a les moyens de briller, nous avons des richesses et une jeunesse dynamique. Dans des Comores bloqués jusqu’à l’étouffement une jeunesse qui a mal à son quotidien et qui désespère de son avenir. Comment on en arrive à ce geste ultime de désespoir comme celui qui consiste à se jeter dans des embarcations de fortune surchargées, pour affronter les dangers de l’océan avec le risque d’une mort quasi certaine ?

Les victimes semblent nous dire qu’elles préfèrent être englouties par l’océan plutôt que d’être enterrées vivantes. Quelles sont alors les circonstances qui poussent à cela ? Qui sont donc exactement ces jeunes, parce que globalement il s’agit de jeunes, et comment ont-ils pu acquérir une telle mentalité à un âge où, généralement, on s’accroche solidement à la vie même dans de pires conditions ? Le profil de ces désespérés n’est pas nécessairement celui qu’on imagine, c’est-à-dire pauvres, chômeurs, peu instruits, poussés par le désarroi socioéconomique. Pas plus d’ailleurs qu’il ne s’agit d’analphabètes, de fous ou de marginaux. La raison que d’aucuns croyaient exclusivement économique ne l’est assurément pas ! Même si l’économique peut être déterminant. Le phénomène traduit en réalité une tendance lourde dans la jeunesse comorienne gravement désespérée et acculée à l’étouffement ou à l’exil. La perte d’espoir et de repères d’une jeunesse élevée dans le berceau des promesses démesurées. A force de mépris, de corruption et d’interdits la jeunesse comorienne est devenue claustrophobe, angoissée, accablée par un sentiment de promiscuité aux horizons bouchés. Le quotidien de la jeunesse comorienne est ainsi fait de délinquance, d’interdits et de privations. Un quotidien frustrant, trop frustrant ! Assurément, nous sommes face à une perte de repères qui s’apparente à un trouble existentiel lui même induit par une politique de frustration de la société toute entière et dont c’est la jeunesse fragile qui morfle le plus en l’absence de toute perspective économique, politique, sociale, éducative …

C’est une juste et courageuse appréhension de l’intégration sociale de la société, dans sa complexité économique, bien sûr, mais aussi culturelle, psychosociologique, politique et affective qui nous permettra d’entrevoir un avenir possible et qui redonnera espoir à notre jeunesse ! Mais pour cela, encore faut-il disposer d’une classe politique dirigeante intéressée par le sort de son peuple ! Définitivement la réponse ne viendra pas d’un régime classique, mais d’une nouvelle classe politique qui sera, elle même le reflet sociologique de la diversité de notre peuple, seule à même d’imaginer les solutions utiles qui redonneront confiance à notre jeunesse en la viabilité de son pays.           Rahia Ibrahim ABBAS

 

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Corruption

Publié le 03/11/2011 à 16:35 par comoresmonamour

             Depuis des semaines les problèmes de la corruption s’étalent en long et en large sur les pages de nos journaux. On sait que cela fait vendre du papier tout comme les nominations à la une. La valse des millions de francs comoriens est une valse à tous les temps et sur tous les tons. De quoi avoir le vertige.

             Mais qu’en est-il au juste ?

            La corruption existe biens sûr, et elle est ruineuse pour notre pays. Ce phénomène réel à commencer dès 1975 et à pris progressivement des proportions considérables, notamment à partir des années 80, au moment du virage vers le libéralisme sauvage pour atteindre le pic pendant le régime Sambi – On décréta que tous ceux qui n’étaient pas pour Sambi étaient contre la nation.

            Nous connûmes ainsi le règne d’un homme qui se conduisit plus comme un monarque d’un émirat que comme le président d’une république. Il me vient en mémoire cette sourate interdite dans certains royaumes : «  Lorsque les rois s’emparent d’une cité, ils y sèment la corruption et avilissent les plus fiers de ses enfants. C’est ainsi qu’il procède d’habitude » (Coran 34ième de la sourate des fourmis, chapitre 27).

           Oui c’est ainsi qu’on procède d’habitude sous les monarchies réelles ou déguisées où le pauvre est toujours le pauvre et le riche toujours le riche. Et deviennent  millionnaires en l’espace de cinq ans tous les cousins de la tribu…

            Aujourd’hui donc le mal est grand que personne ne peut nier. Mais comment le traiter ?

           C’est là que les médecins risquent de se faire battre par les charlatans. Et les charlatans qui manipulent la siyassa sont hélas nombreux aux Comores. C’est ainsi qu’entre leurs mains, la corruption devient une arme pour régler des comptes. Sait-on combien de patriotes honnêtes et compétents furent exclus et salis. Manière de faire diversion aux priorités de l’heure, à savoir : écarter définitivement la menace séparatiste, rétablir la sécurité, redresser l’économie et lui donner un nouvel essor pour l’emploi des jeunes et une plus grande justice sociale, édifié en un mot patiemment mais fermement un état de droit véritablement démocratique.

             C’est alors - En cette 36ième année de notre indépendance – commencera à conquérir sa citoyenneté après avoir reconquis sa nationalité. Devenu citoyen à part entier, conscient et responsable, les Comoriens par la démocratie et pour la démocratie – pourront réduire grandement puis liquider la corruption.

                Rahia Ibrahim Abbas

                                                                                                     Mitsamiouli